Après quelques semaines de travail, le site est publié. Il est encore loin d’être terminé pour autant mais il faut bien se lancer un jour ou l’autre.

On peut sans doute parler de retrotoying pour désigner une crypto-tendance post-moderne des sociétés occidentales. J’entends par là qu’il y a maints adultes qui s’intéressent, collectionnent, préservent, font découvrir, les jouets de leur enfance. La mienne couvre l’intervalle 85 (avec quelques excursions jusqu’en 80) jusqu’à 92.

J’ai la conviction que cette brève période a vu passer nombre de réalisations ludiques de qualité  – soutenu, il faut le reconnaître, par un marketing efficace –  et dont il est difficile de trouver de dignes héritiers. Le retrotoying n’est donc que cela : se replonger dans des objets historiques, prendre plaisir à les chercher, admirer, manipuler, entretenir…

Difficile aussi de ne pas y avoir une tendance au « c’était mieux avant » qui fait aussi des ravages dans le monde vidéo-ludique. La période charnière 85-92 est l’avènement du jeu vidéo grand public. Sortant des salles d’arcade, les consoles 8 bits débarquent dans les foyers avant de passer la main au début des années 90 à leurs grandes sœurs 16 bits. Rendez-vous compte :  en France pendant ces seules 7 années, nous aurons vu débarquer la NES, la Master System, la PC Engine, la Megadrive , la Super Nintendo, la NeoGeo… Bref, sans faire preuve de mauvaise foi, on peut admettre qu’il y a un âge d’or du loisir à cette période et je suis convaincu que cela s’applique aussi aux jouets.

Mais alors que les jeux vidéos ont évolué à une vitesse folle et ont conquis un large public, le marché du jouet est resté plus sage. Après tout, les processus de fabrication sont restés les mêmes, les fabricants ont cherché à rogner sur les coûts, les licences fortes soutenues par des dessins animés se sont raréfiées. Lancer une nouvelle licence nécessite des investissement élevés peu justifiables par rapport aux risques financiers encourus.

Tiens ? Cette dernière phrase peut tout fait s’appliquer au monde du jeu vidéo, mais alors que le dématérialisé offre un accès au marché à des acteurs de plus petites tailles , le monde du jouet reste ancré dans le physique, dominé par les quelques grands groupes qui ont réussi à ingurgiter leurs plus petits congénères.

Pour en revenir au pourquoi du site : je voulais le consacrer à ces gammes de jouets qui m’ont fait rêver, que j’ai réussi à me faire offrir ou simplement pris plaisir à regarder sur des catalogues d’époque.
Mais il y a déjà tellement de choses sur Internet.
Trop même diront certains.
Toujours est-il que certaines gammes sont, injustement (selon moi), délaissées et je vais tenter, bien modestement, d’en préserver le souvenir avec ce site. D’où le titre. Car la machine contre laquelle il s’agit de lutter ici est non seulement celle de l’oubli mais aussi celle du marché qui écarte les moins performants au profit d’une homogénéité triste que l’on retrouve de nos jours à longueur de rayons dans nos magasins de jouets.

C’est donc à la gamme Mega Force qu’il revient d’ouvrir cette séquence et j’espère que d’autres pourront suivre.

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